Aimée

(…)

De toutes les choses que j’ai vues
c’est toi que je veux continuer à voir,
de tout ce que j’ai touché,
il n’y a que ta peau que je veuille continuer à toucher:
j’aime ton rire d’orange,
tu me plais quand tu es endormie.

Que puis-je faire, amour, aimée,
je ne sais comment les autres aiment,
je ne sais pas comment ils se sont aimés avant,
je vis en te voyant et en t’aimant,
naturellement amoureux.

Tu me plais chaque soir d’avantage
Ou peut-elle être ? Je demande
si tes yeux disparaissent.
Je pense, comme elle tarde ! et je me vexe.
Je me sens pauvre, bête et triste,
et tu arrives et tu es une rafale
qui voltige des pêchers.

C’est pour ça que je t’aime et ce n’est pas pour ça,
pour tant de choses et pour si peu,
et c’est ainsi que l’amour doit être
entre-fermé et général,
particulier et effroyable,
pavoisé et endeuillé,
fleuri comme les étoiles
et sans mesure comme un baiser.

.

Pablo Neruda
Amour
Vaguedivague. 1958

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