Le seul amour

Le seul amour qui soit vraiment humain, c’est un amour imaginaire, c’est celui après lequel on court sa vie durant, qui trouve généralement son origine dans l’être aimé, mais qui n’en aura bientôt plus, ni la taille, ni la forme palpable, ni la voix, pour devenir une véritable création, une image sans réalité.
(…)
L’oeuvre, quand elle a pris naissance, acquiert sa vie propre, une vie qui est du domaine de l’imaginaire, une vie qui ne vieillit pas, une vie en dehors du temps et qui a de plus en plus de peine à cohabiter avec l’être de chair; inscrit dans le temps et l’espace, qui nous a gratifiés biologiquement. C’est pourquoi il ne peut pas y avoir d’amour heureux, si l’on veut à toute force identifier l’oeuvre et le modèle.

 

Henri Laborit
Eloge de la fuite
Ed Robert Laffont 1976 – Gallimard/ Folio essais 2014

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