Bombardements

VII.

Ebranlés par l’absence nous nous taisons,
Tous trois secoués par le bruissement des pierres.
Nous nous appuyons épaule contre épaule
Nous nous tenons droits
Caryatides d’un bâtiment détruit,
Colonnes du ciel de la destruction.
Chacun est seul et chacun hésite
A prendre acte de sa solitude, à s’éloigner
Mais tremble que s’effondre ainsi
L’édifice du néant.

Mathias Enard

Dernière communication à la société proustienne de Barcelone,
Inculte/Dernière marge, 2016

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