Guidé par le vent

sans peur ni regret se résoudre aux grands départs guidé par le vent   Manuel Daull Haïku(s) hors saison – Nos besoins Part III Dernier télégramme. 2017

D’être en multitude

Hantés, déroutés Par le naufrage De l’individu Nous avons choisi le sens D’être en multitude   Georges Oppen D’être en multitude Editions Unes. 1985

Les citadins

Les citadins s’imaginent que le spectacle de la campagne n’est agréable que pendant une moitié de l’année. Je me plais à observer les grâces de la campagne en hiver et je crois quelles nous touchent autant que les fécondes influences de l’été. Pour l’œil attentif, chaque moment de l’année a sa beauté qui lui est…

Prosodie

Tension entre les temps que développe la syllabe Rapport quantique d’intensité quantité de phénomènes amassés De là naît le chant là repose ce que je cherche Je suis dans la rupture le rythme syncopé Le vers mon quantique intime entre brisures assonances et allitérations Charon passeur de Styx en harmonie initiative nocher des enfers Puis…

Nature Writing

Sortie de quelque profonde combe, la fumée paresseuse s’élève en volutes, Explorant l’air raidi de l’aube, Faisant lentement connaissance du jour, S’attardant maintenant dans sa course céleste, En s’amusant à dessiner des guirlandes vagabondes, Avec la même hésitation et la même lenteur Que son maître à demi réveillé près de l’âtre, L’esprit encore engourdi et…

La chasse à l’instant

Je ne suis pas fait de lumière mais son immensité m’a saisi. Si je n’émergeais pas de l’eau, qui pourrait me voir ? Je m’efforce de happer l’instant alors qu’il est éclair. A peine me touche la fatigue que surgit derrière moi une lueur; née au lointain, chargée de paroles convenues aux teintes passées et…

Bleu et quoi d’autre

Les oiseaux non  pas les albatros aux “ailes de géant” les pétrels dont les noms chanteurs vibrant solitaires dans des ciels purs mais les pigeons qui se rengorgent les pinsons mendiants les moineaux sur le sable des squares parmi les enfants qui titubent et les femmes au regard distant rêveuses et toujours impatientes Et non…

C’est bien vrai

Ah, qu’il me coûte de peine à t’aimer comme je t’aime ! Amoureux, l’air me fait mal, mon cœur et mon chapeau même. Qui donc voudra m’acheter ce galon tressé de soie cette tristesse de fil blanc à faire des mouchoirs ? Ah, qu’il me coûte de peine à t’aimer comme je t’aime ! Frederico…

Eparpillement

Lorsque tu es entrée Mes regards sont devenus un papillon           voltigeant dans l’atmosphère de la salle Jusqu’à qu’il se pose sur cette rose           embellissant ta chevelure Et quand tu as ôté la rose pour l’offrir à tout autre que moi A cet instant S’est éparpillé…