Sans toi
Le soleil des champs croupit Le soleil des bois s’endort Le ciel vivant disparaît Et le soir pèse partout … Paul Eluard Sans toi Le livre ouvert. 1938-1944 Gallimard
Le soleil des champs croupit Le soleil des bois s’endort Le ciel vivant disparaît Et le soir pèse partout … Paul Eluard Sans toi Le livre ouvert. 1938-1944 Gallimard
Il n’y a plus de ligne droite ni de route éclairée avec un être qui nous a quittés. Où s’étourdit notre affection ? Cerne après cerne, s’il approche c’est pour aussitôt s’enfouir. Son visage parfois vient s’appliquer contre le nôtre, ne produisant qu’un éclair glacé. Le jour qui allongeait le bonheur entre lui et nous…
Cet hivernage de la pensée occupée d’un seul être que l’absence s’efforce de plaquer à mi-longueur du factice et du surnaturel . René Char Lettera amorosa 1947-1949
Les mêmes coups qui l’envoyaient au sol le lançaient en même temps loin devant sa vie,vers les futures années où, quand il saignerait, ce ne serait plus à cause de l’iniquité d’un seul. Tel l’arbuste que réconfortent ses racines et qui presse ses rameaux meurtris contre son fût résistant, il descendait ensuite à reculons dans…
La Voie lactée plongeait dans la vallée et rejoignait la buée lumineuse qui montait des villages. On ne savait plus ce qui était étoile ou lumière des hommes. Il y avait des villages dans le ciel et des constellations dans la montagne. La nuit était si belle, si vaste, si parfumée qu’on se sentait un…
Le feu en plein jour Superbe démon Vous change toujours En petit Néron Brigitte Fontaine Attends-moi sous l’obélisque Seuil/Archimbaud. 2006
C’est la mondialité qui incline notre idée de l’humain vers l’horizontale plénitude de ce qui vit sur cette terre. C’est elle qui tend à faire de cette humilité une fondation de partage, et de régulation par le partage qui n’est pas le “Marché”. Elle n’installe aucun de ces horizons économiques qui scellent et qui enferment…
Le verre brille sur le zinc de ce petit café où s’échoue la nuit aux coins du jour où parmi les foulards et les châles Maints sanglots montent à la gorge du buveur S’arrêtent et finissent en un éclat de rire Le verre brille sur le zinc de ce petit café Parce qu’une goutte…
La poésie n’est au service de rien, rien n’est à son service. Elle ne donne pas d’ordre et elle n’en reçoit pas. Elle ne résiste pas, elle existe — c’est ainsi qu’elle s’oppose, ou mieux : qu’elle s’appose et signale tout ce qui est contraire à la dignité, à la décence. À tout ce qui…
Je te porte avec moi le long des murs osseux Je te porte et je sens tous les morts remonter du fond de leur lit creux Je guette l’arc-en-ciel Je cherche dans les ruines et la graine et le miel Je suis l’enfant perdu qu’un seul regard éveille Celui qui lève l’ancre quand la ville…