Teintes d’automne

Le changement de nos bois à l’automne n’a pas encore laissé de marque profonde sur notre littérature. Octobre n’a guère teinté notre poésie. Nombreux sont ceux qui ont passé leur vie dans les villes, sans jamais avoir eu l’occasion de venir à la campagne à cette saison et n’ont jamais vu cela, cette fleur, ou…

Les Yeux

  Les Yeux perdus   Oeil de fougère sur les volets oeil de renard sur les égouts oeil de serpent sur les reliures oeil de vautour sur les bijoux   Les yeux charmeurs   Au carrefour des yeux la conversation douce au verger des gravats la danse des attentes aux vignes des fatigues les alcools…

Glissant

     Ecume pluie tête clamée battements d’eau pluie      ô livraison de mes visages l’enlacement clarteux la jonction noueuse de ces deux fleuves d’avant première de la tempête      je roule calloge l’eau la vague l’écume je me lave roche moi roche la mer paresse dans mes golfes la mer inonde ma…

des arbres

Graver dans le bois ____notre désir d’être des arbres mais des arbres ____avec une sève d’encre et de sueur imprimant sur leurs feuilles ____le refus et l’amour avec des racines en marche ____vers d’autres minerais et le livre achevé ____le confronter aux arbres . Michel Butor (1926 – 2016) A la frontière /Zone Franche /…

Noces du dedans et du dehors

La beauté n’est pas dans les choses, elle est dans cette disposition en nous qui nous les fait trouver belles. Les étoiles ne sont ni belles ni pas belles. Elles sont. C’est leur vue et l’émotion qu’elles suscitent en nous qui nous les font trouver belles. Les uns mettent l’accent sur l’extérieur, les autres sur…

La lune et moi

  Les haïkus…à la source même de l’écriture poétique. Source originelle, archaïque, et par conséquent intemporelle, contemporaine à jamais. Je n’ai jamais été bien certain de ma présence en ce monde, de sa réalité même, du lien qui pouvait m’y unir. Très vite, écrire m’a semblé le plus sûr moyen d’habiter la vie. d’éprouver sa…

illumination

… Que je gravisse ma véranda, je m’arrête, je me demande si vraiment cela est, L’illumination matinale à ma fenêtre me plaît mieux que la métaphysique dans les livres. Ah ! La naissance de l’aube ! La petite lumière éclipsant les gigantesques ombres diaphanes, Et cette suave saveur de l’air contre mon palais ! Fardeaux…

leçon d’un arbre

4 août, 6 heures de l’après-midi. Lumières et ombres, effets rares sur le feuillage des arbres et sur l’herbe: des verts, des gris, etc., transparents, dans toute la pompe et l’éblouissement du coucher du soleil. Les clairs rayons se jettent maintenant en de nombreux endroits nouveaux, sur le bas des troncs, ouaté, ridé, d’un gris-brun…

firefly

du haut de l’herbe / on croit qu’elle tombe, mais / la luciole s’envole (Remix – Basho)