La mer bouillonne et rit

  La coque rongée et verdâtre de la vieille felouque repose sur le sable… Sa voile déchirée semble rêver encore au soleil, à la mer. La mer bouillonne et chante… La mer est un rêve sonore sous le soleil d’avril. La mer bouillonne et rit, vagues bleues, écumes de lait et d’argent, la mer bouillonne…

Le berger

Que pour moi cependant, si je me trouve de nouveau dans      la cohue des villes et l’écheveau des bruits emmêlés et le désordre des voitures autour de moi, tout seul, que cependant, par-delà cet engrenage impénétrable, il me souvienne du ciel et de la crête de la montagne dont le troupeau qui rentrait…

Highest

​Vallouise, Puy St Vincent 19 février 2016 >>> Music: Max Richter – Sarajevo, album: Memoryhouse, FactCat Records

Deux

Mais quelle tristesse, mais quelle angoisse magnétique dans l’air et sur les choses ! Les êtres eux se font simplement mal, c’est toujours l’aurore pour les plaies. Aimer, ne pas aimer ?  Quel long vertige… Et on ne peut rester jamais deux. Dès que l’on est définitivement deux ! Les autres, la morale, ce foyer déjà bâti…

La vie aujourd’hui

La vie aujourd’hui a un rythme d’ondes qui passent, de petites vagues tremblantes qui s’écoulent et se rejoignent. La vie aujourd’hui a le rythme des rivières, le rire des eaux qui courent parmi les joncs verts et parmi les verts roseaux. Le vent léger apporte un rêve fleuri; la jeune sève frémit dans les branches…

Aimée

(…) De toutes les choses que j’ai vues c’est toi que je veux continuer à voir, de tout ce que j’ai touché, il n’y a que ta peau que je veuille continuer à toucher: j’aime ton rire d’orange, tu me plais quand tu es endormie. Que puis-je faire, amour, aimée, je ne sais comment les…

Silence

  Qu’on me laisse tranquille à présent. Qu’on s’habitue sans moi à présent. Je vais fermer les yeux. Et je ne veux que cinq choses, cinq racines préférées. L’une est l’amour sans fin. La seconde est de voir l’automne. Je ne peux être sans que les feuilles volent et reviennent à la terre. La troisième…

Pessoa: se multiplier pour n’être personne

Un artiste, un écrivain particulièrement, dispose de la possibilité de se décharger de soi et de multiplier les personnages dans les fictions qu’il écrit ou dans sa propre existence en prenant un pseudonyme ou en conjuguant des hétéronymes comme chez Pessoa. Il est ici et ailleurs, c’est à dire nulle part et partout. Manière habile…